Festival Chemins des Arts

Festival de danse en milieu rural

CIE DIMENSION

DERRIERE LE MASQUE


CHOREGRAPHIE ET INTERPRETATION : DIDIER DJELEHOUNDE



DUREE : 25 MN


Dans la tradition de nombreux peuples du monde, le masque est un objet culturel qui est porté au visage dans le but de communiquer des émotions. De par ces émotions, le public spectateur vit, sent, voyage et pénètre les entrailles d’un monde que lui propose le danseur interprète.

Créer étant un besoin insatiable de l’homme, nous ramenons à la danse contemporaine cette culture indissociable de notre être, de notre monde et de notre devenir à travers le spectacle intitulé : « Derrière le masque ».

De l’Europe en Amérique en passant par l’Asie, l’Océanie et l’Afrique, les masques ont été et continuent d’être les vitrines de toutes les cultures. Ainsi, vu que sans spectateur, il n’y a pas de danse, et que la danse et le spectateur font un seul tout comme la danse et le masque, nous avons pensé les combiner. Autrement dit le spectateur quitte le rang de consommateur pour celui du consommateur-créateur. Il s'agit donc de privilégier ce que l'on donne à voir et non ce que l'on ressent. Cette création permet avant tout de réveiller les consciences ; il ne s'agit pas non plus de raconter l’histoire d’un peuple mais prendre une histoire comme point de départ et la rendre universelle à travers le corps et le masque. 

 

Il y a longtemps, très longtemps dans un musée sacré vivait un homme dénommé Baba KETOU. Selon Baba KETOU « Un masque raconte beaucoup plus qu'un visage ; et l'homme est peu lui-même lorsqu'il parle à la première personne. Donnez- lui un masque et il dira la vérité ».

Autrement dit, le masque est riche de symboles, c’est un outil pour l'homme en quête de son identité et de cohésion sociale. Porté sur le visage, il laisse percer le regard, le corps et la parole, indispensables à la relation communautaire.

Grâce au masque, la communication s'instaure de façon plus libre et plus familière. L'homme se donne l'illusion de faire tomber les barrières et les distances sociales.

A travers toutes les métamorphoses qu'il permet, il montre et expose beaucoup plus qu'il ne dissimule. Le personnage masqué n'est pas simplement un être dont l'identité nous est inconnue. En assouvissant ce désir de transformation, il cherche à accéder à une nouvelle modalité de l'être.

Seul le masque est capable de procéder à la métamorphose de l'homme en un être qui lui est supérieur. Car nous pensons que le masque d'homme n'est jamais le masque d'un homme. Le visage étant tout le temps le visage de quelqu'un, le masque ne peut être un visage. L'homme masqué par contre devient l'autre, celui qui est sans visage puisqu'il est capable de les prendre tous.

Le masque fait oublier la différence entre l'être et le paraître, aux frontières infimes que la conscience n'atteint pas. L'individu, en transformant son image, modifie son être. Le masque symbolise ce désir, c'est un exceptionnel instrument de métamorphose.

Vouloir joindre la danse contemporaine à l’idée de masque, c’est vouloir faire une performance, c’est émettre la volonté d’explorer toutes les possibilités qu’offre le corps, c’est exprimer l’animosité qui se trouve à l’intérieur, et ce qu’ils peuvent en faire, c’est le moment où il faut danser la rage, l’urgence, la fatigue et les émotions.

DIDIER DJELEHOUNDE

Didier est un danseur- interprète, chorégraphe, et percussionniste, originaire du Bénin, Afrique de l’Ouest.

Fondateur et directeur artistique de la Cie Dimension, il vit dorénavant à Montpellier, France.

Né en 1987 dans un village au centre du Bénin, Didier est un descendant du peuple yoruba.

A l’âge de 6 ans, il déménage à Cotonou où il va passer la majeure partie de sa vie.

Tout petit déjà, il commence la danse traditionnelle africaine avec la troupe Agbahoungba KOLOLO et ORI BALLET. Montrant une aptitude naturelle pour la danse, Didier est encouragé par ses pairs à développer ses compétences auprès des chorégraphes béninois tels que Médard SOSSA, Clément KAKPO, Richard ADOSSOU et Achille GBADÊ.

En 2007, Didier découvre la danse contemporaine et devient un danseur polyvalent.

Il va suivre diverses formations auprès de chorégraphes internationaux tels que Salia SANOU - Seydou BORO - Bienvenue BAZIE (Burkina Faso), Vincent HARISDO - Fabre SENOU (France-Bénin), Francesca PEDULLA (Italie), Marcel GBEFFA (Bénin), Andreya OUAMBA (Congo-Sénégal), Frey FAUST (Allemagne), Fabrice BOUILLONT - Isabelle MAUREL (France), Patrick ACOGNY (Sénégal), Alesandra SEUTIN (Afrique du Sud-Belgique).

Sa rencontre avec ces chorégraphes va lui permettre de participer à de nombreuses créations et de danser à l’international.

En 2009, les portes du Ballet National du Bénin lui sont ouvertes ainsi que la responsabilité d’être assistant-chorégraphe.

De 2013 à 2018, Didier a également enseigné au centre international chorégraphique Multicorps à Cotonou (danse africaine, afro-jazz, afro-contemporain, afro-classique, cours particuliers) pour un public enfants-parents et danseurs professionnels.

Depuis 2012, Didier développe une écriture chorégraphique basée sur le mouvement spontané, l'esthétique du mouvement naturel et l’enseignement biomécanique pour faciliter la transmission des danses africaines.

En puisant dans le quotidien pour ses créations, Didier s’inspire de richesses traditionnelles, folkloriques, sociales, politiques, et culturelles pour aborder des sujets philosophiques et métaphysiques.

Après avoir créé plusieurs pièces en duo ou quatuor avec sa Cie Dimension, Didier va également s’essayer au solo avec Derrière le masque qui évoque toutes les émotions qui nous rongent et que nous n’osons pas dévoiler.