Festival Chemins des Arts

Festival de danse en milieu rural

CIE LAETITIA ARNAUD

EXTINCTION DES FEUX

SAMEDI 25 JUILLET A 17H

SALLE DE SPECTACLE

CHOREGRAPHIE : LAETITIA ARNAUD

INTERPRETATION : AURELIEN BEDNAREK, KEVIN FRANC, CLARA PROTAR, PAULINE SARRAZIN

CREATION MUSICALE : JULIEN ARNAUD

CREATION LUMIERES : BENJAMIN CROIZY

DUREE : 40 MN


POUR EN SAVOIR PLUS : www.cielaetitiaarnaud.com


LIENS VIDEOS :

https://youtu.be/MijAw2iksz4

https://vimeo.com/355763156


Partenaires : ADDP-Micadanses-Paris, Centre Chorégraphique National de Bourgogne-Franche Comté (CCN Viadanse de Belfort), la Bergerie de Soffin / Cie Alfred Alerte, les Synodales, Alalaprod, ATSCAF-Paris.


« Extinction des Feux » est une création chorégraphique traitant de la maladie d’Alzheimer, puis sublimée en réflexion sur la complexité de l’être humain et du rapport corps-esprit dans un processus dégénératif.

Quatre danseurs, pour exprimer ce mal, se croiseront via une scénographie poignante où le travail de lumière et de la musique seront deux axes prédominants qui serviront au développement du propos et mettront en exergue les déformations des corps.

Car c’est de cela dont-il est ici question : la dégénérescence des cerveaux comme des corps. Une désagrégation progressive et irréversible. Une mémoire qui s’envole et qui rend encore plus indispensable l’importance de se rappeler l’être à part entière que fut la personne atteinte avant la maladie.

À travers différents tableaux et quatre interprètes, je souhaite retracer l’existence d’une personne, de la naissance à la dégénérescence. La danse, mais aussi d’autres moyens comme la musique, l’accessoire et le costume illustreront les transformations que subissent le cerveau et le corps face à cette maladie.

Cette personne qui s’est construite et que, peu à peu, l’on oublie parfois derrière la démence.

Comment la personne atteinte de ce mal perçoit-elle notre réalité ? Que vit-elle à l’intérieur ?

Comment rendre sur scène ces différentes formes de dégénérescence irrévocable de la conscience, de la personnalité d’une personne ?

Pour le danser, j’ai choisi le quatuor, afin de montrer le corps qui se construit, les neurones qui s’agitent, l’apprentissage d’un individu, la puissance du cerveau, du corps et de la maladie dans ses différentes lignes de vie.

Le mouvement et la défragmentation, mis en exergue par une scénographie d’envergure, une musique illustrant parfaitement toutes les étapes d’une vie et un jeu de lumières chirurgical, viendront nous raconter comment les corps et les neurones combattent.

Ici, le lâcher prise sera maître, afin de retranscrire au mieux les phases de résignation puis de véhémence, d’abandon violent puis de doux retour à la conscience des souvenirs. Un phrasé des corps direct, visible, pour laisser, toujours, la poésie reprendre le dessus.

Une dédramatisation qui démontrera que les malades peuvent aussi ouvrir leurs champs des possibles, laissant derrière eux doute et angoisse, renouant avec l’enfance.

Ne serait-ce que le temps d’une danse.


LAETITIA ARNAUD

Depuis septembre 2017, Laetitia est chorégraphe et directrice artistique de la compagnie Laetitia Arnaud.

Originaire de la Guadeloupe, c’est là-bas qu’elle découvre la danse jazz, mais aussi les danses traditionnelles comme le gwoka et le lewoz : « C’est une des pratiques qui me parle énormément, parce que dans le Lewoz, c'est le musicien qui suit le danseur et pas le contraire. Il y a dans cette danse un retour aux sources, à la nature animale, à l'instinctif, qui pousse le danseur à entrer dans une sorte de transe. Et c'est quelque chose que l'on retrouve beaucoup dans ma danse actuelle, cette véhémence, ce travail dans le sol, ce côté torturé, ces mouvements rapides et investis dans tout le corps » avoue-t-elle.

À 19 ans, elle entre au Centre de formation Scherer, en Guadeloupe. Laetitia y suit une formation en danse jazz, classique et contemporaine, mais elle est aussi formée à la technique Graham par Darius Grandisson, à la technique Horton par Fred Lasserre ainsi qu’à la danse contemporaine et Techni’ka de Léna Blou.

C'est également à cette époque que la jeune femme se voit "frappée" par la force d'une certaine danse contemporaine, celle du spectacle "Folie" de Claude Brumachon, qui la bouleversera à jamais : « Cette représentation m'a foudroyée sur place. Je ne savais pas qu’on pouvait danser comme ça ! Ça ne s’arrêtait jamais, il y avait cet investissement troublant dans les corps qui m’a totalement happé. Les danseurs se jetaient au sol, étaient couverts de terre, se relevaient et reprenaient leur danse frénétique. C’était dingue pour moi, cette rapidité, cette puissance, cette force, cette consistance, cette animalité, je n’avais jamais vu ça ! Et c’est précisément après cette représentation que la danse contemporaine s’est imposée à moi, et que je me suis dit : c’est ça que je veux faire, c'est cette danse qui est faite pour moi. Et ça m’a toujours suivi ».

Elle quitte ensuite son île pour poursuivre sa formation en métropole et s’installe à Grenoble, où elle suivra une formation à la scène du danseur et où elle finalisera par la suite le cursus du Diplôme d’État en obtenant son DE Jazz et son EAT contemporain.

Elle enseigne pendant 6 ans et participe en tant que danseuse interprète dans plusieurs productions.

Elle en profite pour découvrir de nouveaux arts : le chant avec le groupe de musique trip-hop Lilapoem et le théâtre avec les ateliers du CREARC, dirigé par Romano Garnier.

En 2011, elle quitte Grenoble pour Paris, travaille enfin à sa propre danse pendant 2 ans et se lance dans le processus de création. En 2015, elle devient directrice artistique de l’association Alalaprod, en 2017 elle créée la Compagnie Laetitia Arnaud et sa première pièce "Extinction des feux" (2018-2019).

Si le style de danse de Laetitia Arnaud se définissait en 3 mots, cela serait la véhémence, le saccadé et le travail de tension dans le corps.


ECRITURE CHOREGRAPHIQUE

Cette création chorégraphique se place dans la peau d’une personne atteinte de dégénérescence.

Les différents tableaux de la pièce sont imaginés pour retranscrire au mieux les différentes étapes de vie d’une personne qui peu à peu se retrouve atteinte par la maladie d’Alzheimer.

Quel personnage ai-je choisi pour retranscrire cet état ? Quel personnage s’est dessiné dans mon esprit ?

Cet individu, je l’imagine et le vois à son plus petit infini ; son existence débute dès le ventre de sa mère.

Pour me plonger dans la compréhension de ce mal rongeant, j’ai besoin de partir du commencement, la conception. Puis, j’imagine ce personnage dans son apprentissage de la vie, sa construction dans la société, un individu qui se construit avec ses passions, ses angoisses, avec le temps qui passe.

Jour après jour, je me suis imprégnée de cet être et une danse est née.

D’abord vers une danse instinctive, animale, véhémente, expérimentale, faisant écho à l’enfance, au jeu, à la découverte, à la prise de risques et à la construction de l’individu.

Cela m’a emportée ensuite vers un mouvement chorégraphié au millimètre près : tendue, tempérée, rapide, fluide, relâchée qui lui, fera écho au rythme de vie de cette personne en pleine maturité. Dévoilant in fine un personnage cassé net par la maladie, faisant place à l’épuisement, au doute et à l’incompréhension.

Pour ce faire, mon travail de danseuse/ chorégraphe va être de déconstruire le mouvement dansé, la chorégraphie si parfaitement étudiée, réalisée, sue, « apprise ». Une déconstruction massive et violente qui viendra illustrer les symptômes de la maladie. Il s’agira d’aller contre soi, de chercher le contre mouvement.

Cette déconstruction sera marquée par des moments de danse saccadée, des temps de silence, une recherche de vélocité et des moments de véhémences corporelles. Mon but est de rendre cette première chorégraphie déconstruite, désaccordée, dissonante, incohérente mais en accord avec l’état de démence.

Puis la douceur reviendra pour permettre à mon personnage d’ouvrir son « for intérieur ». Il offrira un voyage dans ses souvenirs, cet espace d’une rare intimité où il se sent bien et en sécurité, si loin de la maladie.

La danse de cette dernière partie aura forcément des liens avec l’enfance, seule temporalité que la maladie d’Alzheimer laisse intacte. Ici, la danse sera minimaliste pour propager un sentiment de flottement.

La légèreté d’un endroit réservé au peu qu’il reste dans la mémoire en étant certain de n’avoir rien oublié.

Un nuage de rêve, d’une tendresse salvatrice.