Festival Chemins des Arts

Festival de danse en milieu rural

CLEMENTINE BART

LA VIOLENCE DES RICHES


CHOREGRAPHIE ET INTERPRETATION : CLEMENTINE BART


DUREE : 30 MN

Eddy a 62 ans. Il vit dans la rue depuis une vingtaine d’années. Il se souvient de sa première nuit dehors comme s’il venait de la passer.

Michèle a accouché de ses deux enfants dans un parc. Toutes les femmes sans exception se font violer. L’hygiène aussi est un problème. La perte de confiance. Chaque nouveau jour. Et le temps qui passe, trop lent...

Tu ne te respectes plus toi même. Tu n’existes plus aux yeux des gens. Miséreuse chose sur le bord du trottoir. On détourne le regard. Par gêne ou par réflexe. Tu es un objet. Il reste toujours pour certains l’espoir d’un changement, mais il est rare. Pour la plupart c’est l’instinct de survie qui les maintient.

Nous aimerions pouvoir parler davantage des choses qui les font encore sourire. De vrais liens se créent dans la rue. Les gens ne font pas semblant d’être amis. Il y a plus de vérité. Plus besoin de garder son image, il n’y en a plus.
Nous nous laisserons toucher dans un premier temps par les ressentis de ces femmes et de ces hommes aux parcours si différents et qui ont tant de choses à raconter. Ces gens souvent, qui nous accueillent avec un grand sourire si on s’assoie un moment à leurs côtés et se mettent parfois à pleurer quand on les questionne sur leur passé.

Franck nous raconte aussi. Et Julie. Etienne. Un ancien PDG en rupture totale avec le monde après un divorce, une dépression, la perte d’un enfant... une lycéenne qui n’a juste pas su se retrouver dans le bordel de la vie, un musicien qui a voulu croire en ce rêve de vivre de son art, un étranger déçu par ce monde là... Tous ont tellement de choses à nous apprendre. Leur sensibilité et leur recul sur la vie nous poussent à croire qu’ils ont finalement bien mieux compris comment ce monde tourne et devient.

« Moi au moins, la chose qui me redonne un peu de baume au coeur » nous dit Marie, « c’est qu’au niveau écologique je ne participe pas trop à la destruction de ce qu'il y a encore de beau ».

Le paysage du monde de la rue n’est pas toujours limité à ce que l’on peut voir, à ce que l’on veut croire.
La Violence des Riches est né de rencontres avec ces personnes qui vivent sur nos trottoirs, dans leurs camions, à l’hôtel, dans des tentes, des centres d’hébergements, des parkings, sous des ponts et bien d’autres lieux invisibles.

C’est avec comme outil ce corps qu’on peut encore maitriser, mais surtout grâce à ces témoignages et ces images, qu’on s’autorise ici à parler d’eux.

Cette inspiration est sans limites. Chaque rencontre est unique, subtile, touchante.

Mais c’est à travers des films, des écrits, des enregistrements, des performances, que ceux qui peuvent raconter ces histoires, ceux qui peuvent encore « montrer » ce qui n’est pas à voir, agissent à leur niveau pour toucher un public un peu plus large.

Par refus de mettre l’une des ces histoires plus en avant qu’une autre, on se limite ici à des instants précis, des bribes de vies.
Un seul corps pour montrer ne serait-ce qu’une vérité sur autant de façons de vivre, d’émotions et de regards portés par et sur ces humains que personne ne peut voir.

CLEMENTINE BART

Clémentine Bart est formée au Jeune Ballet Atlantique de La Rochelle entre 2007 et 2009.

Elle travaille ensuite un très court temps à l’IFPRO Rick Odums à Paris, où elle intègre les Jeunes Ballets Jazz et Modern de l’école. A 20 ans, elle passe sa première audition et obtient un contrat au sein du Ballet Preljocaj. Elle quitte la formation après quelques mois, les tournées internationales s’enchaînent et elle peut dès lors toucher au plaisir du voyage à travers ce métier, qui ne la quittera plus. Elle danse pour la compagnie Preljocaj en 2010 et 2011 dans des pays comme la Chine, le Liban, les Canaries, la France…

En 2011, elle intègre le Ballet Junior de Genève et travaille avec plusieurs chorégraphes contemporains de renommée internationale tels que Barack Marshall, Idan Sharabi (Los Angeles et Israël), Alexander Eckman, Stijn Celis (Allemagne), Ken Ossola, Guilherme Botelho, Cindy Van Acker, Gilles Jobin (Suisse) et touche au répertoire de Sidi Larbi Cherkaoui, Gustavo Ramirez Sansano (Espagne) et bien d’autres…

Elle travaille par la suite pour différentes compagnies comme la Volcan Dance Company - chorégraphe Antoine Audras - en Suède, la compagnie Chiroptera dirigée par le chorégraphe John Bateman (France) et intègre également des compagnies se produisant dans les festivals de rue comme Tango Sumo (Angleterre, Allemagne, France, Hollande…) ou Willi Dorner (Suisse).

En 2017, la création du solo La violence des riches est née de rencontres simples de personnes vivant dans la rue, de SDF à La Rochelle, à Paris et à Strasbourg. 

En 2018 elle intègre la compagnie Perrine Gabrielsen pour la pièce La femme est un Homme.


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